Interview de Vincent DAVID

Jean-Baptiste Brungard

 

Enfant, Vincent David a une éducation artistique complète : photographie, arts plastiques, piano, percussions et saxophone. Adolescent, il fait une école de théâtre où il joue aux côtés Jean Marais ou Michel Galabru, ce qui a une grande influence sur son travail de musicien et de compositeur. Saxophoniste, compositeur et chef d’orchestre, Vincent David participe largement au développement du répertoire de son instrument de prédilection mais aussi plus largement de la création contemporaine. « Le saxophone est un instrument assez ouvert, permettant d’explorer le jazz, le classique, l’improvisation et de nombreux styles. » Très attaché à l’importance de la transmission, il est pédagogue reconnu, par les nombreuses Master-Classes qu’il donne à travers le monde. Il enseigne au CRR de Versailles ainsi qu’au Conservatoire royal de Bruxelles. Il est lauréat du Grand Prix Lycéen des Compositeurs 2021 avec sa pièce In Pulse.

 

La composition a-t-elle toujours fait partie de votre vie ou est-ce quelque chose de récent ?

C’est effectivement récent. Mais, enfant, j’ai été fortement marqué par les opéras, notamment du début du XVIIe, qui me sont restés dans l’oreille. Vers 15 ans, j’avais des petites portées de musique sur lesquelles je m’initiais à la composition, en réalisant des sortes d’ouvertures d’opéra. Il y a donc toujours eu une part de moi qui voulait créer. Il m’a fallu très longtemps pour m’y mettre réellement. Cela est sans doute lié à l’éducation artistique et musicale moderne dans laquelle on est toujours mis dans des cases : en ce qui me concerne, celle d’instrumentiste. Et ceci ne m’a pas forcément laissé le temps de me demander si je pouvais faire quelque chose de plus. C’est finalement par le biais de l’improvisation et du jazz que cette question est revenue. Le répertoire pour le saxophone n’est pas forcément très développé et cela m’a donné envie de rapidement créer ma musique. Je jouais beaucoup de répertoire, j’ai réalisé des transcriptions. Mais je me suis dit également que parfois, on n’est jamais mieux servi que par soi-même. Ma première pièce sérieuse, classique date de 2014–2015.

 

Vous utilisez le terme classique ?

Oui parce que l’année précédente, j’ai composé beaucoup de quatuors de jazz. J’ai débuté par ce biais et j’avais envie de mélanger classique et jazz. J’avais notamment composé un quatuor qui reprenait des thèmes du Quatuor pour la fin du temps de Messiaen, en les transformant pour les amener vers un côté plus contemporain, voire presque jazz-funk. Je trouvais intéressant de mélanger des styles. La première pièce a été composée pour une tournée soliste aux Etats-Unis et plutôt que de trouver une pièce à créer ou d’écrire une transcription, je me suis écrit une pièce plus classique, dans un esprit post-Debussy. A partir de là, mon travail s’est déroulé en écrivant une nouvelle pièce pour une nouvelle tournée.

 

Comment naît en vous ce processus de création ? Est-ce naturel ou plutôt laborieux ?

Pour moi c’est assez facile au début : en tant que musicien professionnel, j’ai déjà beaucoup de gestes et d’idées dans la tête. Le plus difficile et qui prend le plus de temps est finalement de les structurer. Le geste initial peut être un impact, une gamme, un thème, une harmonie. C’est la structuration d’une idée son développement qui symbolise pour moi le travail de composition. C’est à la fois passionnant et vertigineux, parce qu’on peut tout faire avec trois ou quatre notes : voyez ce qu’en fait Beethoven dans le premier mouvement de sa Cinquième Symphonie. C’est le travail de transformation de l’élément de base pour lui donner une direction qui me prend du temps. J’essaie des choses qui, parfois, ne fonctionnent pas.

 

Ce sont donc peut être des idées d’improvisateur au départ ?

Pas toujours, mais ce qui est sûr, c’est que grâce à l’improvisation je peux me débloquer de situations dans lesquelles je suis coincé. Parfois je me mets au saxophone, au piano, à la batterie et je teste des choses que je cherche ensuite à développer. C’est cela qui m’intéresse le plus. Quand ça fonctionne, c’est vraiment un moment exaltant. Mais c’est quelque chose qui demande de l’expérience et cette expérience grandit au fur et à mesure que j’évolue. Du fait de ce processus, je ne pourrais plus refaire les pièces que j’ai composées il y a quelques années.

 

Le point zéro de votre composition a-t-il davantage trait à la musique en elle-même (geste, motif, …), ou peut-il être lié à des œuvres d’art, des expériences de vie, des lectures ?

Ce n’est pas tout à fait pareil. Parfois cela nait de l’improvisation, mais parfois j’ai besoin d’autre chose. Des œuvres d’art m’ont inspiré, comme c’est le cas pour la pièce composée pour l’Ensemble InterContemporain, suite au concours, inspirée par La Fontaine Stravinsky de Nikki de Saint Phalle, près de l’IRCAM : ses formes, ses couleurs m’ont nourries pour sa composition. Une autre de mes pièces, Nuée ardente, est davantage liée à un mouvement physique : une explosion de gaz d’un volcan, de fumées. Je trouvais donc important d’avoir un geste qui corresponde à cette idée de bulle d’air qui explose, avec chaleur, magma, des éléments en mouvement. Les échos sont des choses qui m’inspirent aussi. Etant donné mon parcours avec plusieurs arts, il peut y avoir des recoupements avec de la littérature, de la peinture. J’ai imaginé, par exemple, mettre en musique les Exercices de Styles de Raymond Queneau : avec une seule phrase, lui aussi réussi à créer un développement, parfois extrêmement simple, souvent délicieux. Toutes ces choses me nourrissent. Et je me sens encore au début de mon trajet. Mon évolution peut donc librement partir dans tous les sens.

 

Quelle est la place que vous laissez à l’improvisation dans vos œuvres ?

Certaines pièces sont très écrites. D’autres sont libres, presque pensées comme une base d’improvisation, tout ne se jouant pas dans le même ordre. Je trouve ça intéressant. Des formes musicales m’intéressent dans l’improvisation. Mais dans les orchestres classiques, il y a encore aujourd’hui peu de musiciens qui improvisent. Et si je laisse des champs d’improvisation dans ce cadre-là, le résultat n’est pas à la hauteur de mes attentes. Ecrire des pièces avec improvisation pour des gens qui ont cette habitude, cela peut créer des choses magiques et faire de belles rencontres. L’improvisation est libératoire, mais pour que cela fasse un beau concert ou une musique intéressante, ça nécessite du travail et de l’expérience. Néanmoins, ce rapport entre les styles de musique – improvisée et écrite – constitue quelque chose que je veux développer.

 

Vous êtes multi-instrumentiste. Comment appréhendez-vous la composition pour des instruments qui vous sont moins familiers ?

J’essaie qu’aucun instrument ne me soit pas familier. J’ai détesté en tant qu’instrumentiste jouer des pièces pour d’autres instruments : cela va parfois contre notre technique instrumentale. Donc quand j’écris pour un instrument que je ne joue pas, je fais l’effort d’en jouer. Je connais, par exemple, très bien la technique de cordes : les effets, l’écriture. Néanmoins, à un moment donné, je me suis senti limité parce que je n’avais pas touché l’instrument. J’ai acheté un violon, un violoncelle et j’ai travaillé seul. C’est un travail intéressant car cela m’a fait changer ma perception. Comprendre les positions des mains : les mains fermées, ouvertes, les choses possibles peu agréables pour la main, les positions d’archet, la dissociation de la main gauche et la main droite, entre les doigts et le phrasé. Tous ces éléments m’ont permis de faire moins d’erreurs et d’être davantage dans un geste de corde que si j’étais resté seulement saxophoniste. J’ai abordé également les cuivres, notamment le travail avec sourdines.  Dernièrement, j’ai écrit pour harpe, pour la première fois. J’ai rencontré une harpiste, abordé avec elle les questions de jeu, de pédale, ce qui m’a aidé dans ma démarche d’écriture. Ce qui m’intéresse, c’est surtout le ressenti instrumental, de vibration des instruments mais aussi la question du geste, qui est différent suivant que l’on soit pianiste, violoniste, saxophoniste… La musique se développe bien quand elle est comprise pour un instrument et que ce n’est pas juste une idée abstraite, si géniale soit-elle.

 

Comment vivez-vous le cloisonnement existant encore souvent entre la musique savante, le jazz, les musiques du monde, voire la musique populaire ?

C’est compliqué encore aujourd’hui dans la musique classique d’ouvrir les portes. Le problème est que c’est parfois trop facile : on ouvre à des choses très contradictoires comme la techno (que je peux apprécier par ailleurs). On trouve parfois des mélanges orchestre classique et jazz. Cela fait du bien et permet de décloisonner le classique de son enclave d’auditeur ou de quant-à-soi. Ouvrir à d’autres musiques permet de faire comprendre qu’on a parfois besoin de faire des concerts plus vivants : les concerts classiques avec le costume noir, la même lumière, sans déplacement, finissent par me lasser. J’essaie dans mes spectacles d’initier du mouvement, mettre des lumières. Ne défendre qu’un seul style de musique est forcément perturbant. L’ouverture me paraît nécessaire. Je pense que cette idée est partagée mais comme souvent, avec les institutions et la lourdeur des orchestres établis, avec des musiciens formatés « classique », l’évolution prend du temps. La nouvelle génération est très au courant de ça et va sans doute se battre et bénéficier de notre soutien. La chose un peu pernicieuse cependant, c’est la maîtrise de la qualité : ouvrir pour ouvrir ne sert à rien, il faut du sens. Un de mes amis, le compositeur Laurent Cuniot, directeur d’un petit ensemble contemporain TM+, fait des rencontres avec des musiciens du monde, notamment d’Afrique, et cela donne des résultats magiques, parce qu’il y a une écoute, un respect différent. C’est une démarche d’avenir, mais qui est encore réduite pour l’instant.

 

Et c’est quelque chose que l’on voit dans le choix très éclectique des compositeurs du Grand Prix Lycéen des Compositeurs, mêlant jazz, musique du monde… A ce propos, comment avez-vous vécu votre parcours dans ce grand prix ?

Pour moi, c’était fantastique. Je suis évidemment content d’avoir gagné parce que cela m’ouvre des créations par la suite. C’est important personnellement parce que je n’étais pas forcément identifié comme compositeur. Mais le plus important, c’est la rencontre avec les lycéens. Je suis malheureusement tombé pendant l’année de Covid. Or la rencontre en direct est ce qui fait la base de mon métier. L’échange avec les jeunes a été incroyable. Je ne suis jamais tombé sur des classes fermées. Les élèves qui n’écoutent pas ce style ont finalement beaucoup moins d’a priori : ils écoutent, ils se font une idée, apprécient ou pas. Mais avec la discussion et l’explication, étant donné qu’ils ne sont pas encore totalement définis culturellement, il y a cette possibilité de compréhension. L’avenir de notre branche contemporaine passe par l’explication. On ne peut plus jouer au compositeur sur son pied d’estale, qui vient délivrer son message, que parfois nous-mêmes en tant qu’instrumentistes nous ne comprenons pas. Suite à cela, nous allons, avec l’organisation du Grand Prix, organiser de nouvelles rencontres, parce que c’est la base de notre métier. Quand je suis sur scène, je suis là aussi pour convaincre les auditeurs. J’aurais aimé parfois que nous soyons plusieurs compositeurs en même temps pour présenter nos œuvres : il y aurait eu davantage d’interactions, car nous n’avons évidemment pas les mêmes points de vue. Cette recherche d’identité, de voie d’un compositeur est intéressante pour les jeunes : comprendre que la création contemporaine n’est pas uniforme. Et les aider, avec des clés, à comprendre les œuvres créées.

 

C’est la grande question : la musique doit-elle être expliquée ou entendue et vécue…

Par rapport au monde moderne, je pense qu’on est obligé d’expliquer. On pourrait la ressentir quand on n’a aucun a priori. J’ai travaillé avec des jeunes enfants, de 7 ans, et ils n’avaient aucun problème pour appréhender ma musique. La pression de notre société, des médias, des radios qui passent en boucle la même chose, y compris les radios classiques, oblige à cette explication malheureusement. Parfois, on peut écouter de la musique sans la comprendre et pour autant adhérer totalement au propos. Mais le packaging pop derrière est tellement bien fait, et tellement présent dans les médias, que l’on parait trop à la marge pour faire l’économie de donner les clés de compréhension

 

Votre victoire vous « oblige » à composer une œuvre qui sera interprétée lors de la Journée Nationale et la remise du Prix en mars ou avril prochain, pouvez-vous nous dire quelques mots de cette création ?

Il s’agit d’une pièce composée pour l’Ensemble Intercontemporain, formation de solistes. J’ai pris quasiment la formation complète : il s’agit presque d’un mini orchestre. La nomenclature est la suivante : tous les bois par un, presque tous les cuivres par un, trois percussions, un piano, une harpe et sept cordes. Le titre est Artefact. Je me suis tourné vers l’idée de couleur, de formes généreuses, avec comme idée de base La Fontaine Stravinsky de Nikki de Saint Phalle. Je suis allé à l’encontre des diktats contemporains modernes : il y a mélange de styles ! On a parfois des couleurs très contemporaines, avec des effets de timbres. Mais aussi des sections rythmiques, des mélodies, des idées harmoniques. L’idée est d’employer des intervalles simples, avec des idées contradictoires : mon premier geste est constitué de 8 quartes justes qui s’empilent. Les deux extrémités sont donc distantes d’un demi-ton : il y a donc l’idée de partir de la justesse et de la pureté des quartes pour arriver à quelque chose de dissonant. Et toute la pièce s’organise autour de ces deux idées de consonance/dissonance. C’est donc une rencontre de styles avec, dans chaque section, des enchaînements de demi-tons ou d’intervalles plus consonants. On reconnaît la musique mais traitée différemment : parfois plus rythmique ou plus mélodique… Je suis content de cette œuvre : c’est une manière de sortir l’Ensemble de sortir du dogme contemporain, que j’adore par ailleurs. Cette pièce sera différente du répertoire habituel de l’ensemble intercontemporain. Vis-à-vis du public, cela va être intéressant également car il y aura de la surprise par le côté contemporain mais le côté rythmique et plus classique pourra réconforter l’oreille.

 

Comment abordez-vous cette notion de création, de composition avec des élèves néophytes ?

Quand on compose, on s’amuse avec le timbre. Le fait d’avoir tel timbre va provoquer tel rythme et c’est ce qui me semble le plus intéressant à comprendre. Chaque instrument a une palette énorme d’effets et de timbres. Quand je suis face à des scolaires, j’apporte plusieurs instruments et je leur montre différents modes de jeu. Les élèves ont l’impression que le violon ou le saxophone, c’est un seul son. Or l’histoire de la musique contemporaine, c’est d’essayer de développer les timbres, les modes de jeu, pour qu’il y ait des rencontres étonnantes, magiques. Par ailleurs, le premier rapport avec la création, pour moi, doit être ludique. Je n’ai jamais été fan des musiques trop cérébrales, froides. La musique instrumentale qui s’interprète doit avoir une part de ludique, de côté humain. Les arts appartiennent d’ailleurs aux sciences humaines ! Il faut un côté d’imprévus, d’erreurs qui servent beaucoup dans la composition et dans le jeu d’instrumentiste. Toutes ces erreurs sont en soit déjà des compositions. Pour moi la musique est une passion que je vis tous les jours, et j’ai parfois l’impression d’être un gamin. Je prends un instrument, je fais n’importe quoi et cela m’amuse. Et dans ce jeu-là, je trouve des idées que je développerai plus tard. Quand on garde cet esprit de curiosité, de découverte, cet esprit ludique, la création devient plus riche et ça dédramatise également.

 

Quelle est votre vision de la création musicale contemporaine ?

La Maison de la Musique Contemporaine qui organise le Grand Prix, sa directrice, Estelle Lowry, et toute son équipe font un travail énorme. Parce que ce Prix montre que des gens comprennent que les choses ne se feront pas tout seul. Mais le milieu de la musique classique est très cloisonné, il existe beaucoup de chapelles. Je serai le premier heureux quand cet état de fait disparaîtra. Certains musiciens classiques n’apprécient pas de faire autre chose. Il en va de même pour certains artistes de musique contemporaine. Le système est encore fermé et peu souple. Toute la génération de Boulez a monopolisé l’espace, y compris en terme de maîtrise des institutions, en prenant les places importantes et en verrouillant le débat. Cela a empêché par exemple les néo-classiques de s’exprimer. Boulez a bien sûr fait beaucoup fait pour la musique contemporaine, mais il a fermé également des portes. Lui n’étant plus là, peut-être que les choses vont se rééquilibrer. Pour moi, il est encore trop question de chapelles : avec qui on a étudié la composition ? J’ai la chance de rester libre car je n’ai travaillé la composition avec personne ! Mais chez certains compositeurs, il y a des lignes directrices en fonction de là où ils ont été formés, parfois allant contre d’autres compositeurs : si on ne fait pas comme moi, ce n’est forcément pas bien. Ces discours ne seront bientôt plus possibles, et il va être intéressant de voir comment, à l’avenir, l’ouverture, obligatoire, va se faire. Cela pourra passer par la transgression de ces histoires de style, de codes. La Maison de la Musique Contemporaine est là pour ne pas tomber dans le piège d’une musique qui serait une musique d’état. La création artistique est diverse et revêt de nombreuses formes, et si cela est qualitatif, chacun a le droit de cité.  Nous sommes à un tournant de génération intéressant.

 

Quels sont vos projets pour les mois à venir ?

Je viens d’achever Artefact. J’ai par ailleurs composé un trio violon-saxophone-piano, qui va être bientôt enregistré, un quatuor de saxophones. Je dois écrire un quatuor à cordes : c’est une grande étape, puisque c’est la formation pour laquelle on ne peut pas trop se rater ! J’ai déjà des idées pour cette composition et je suis très motivé ! Je dois composer un Concerto pour saxophone. Je dois aller également au bout d’un projet de disque de toutes mes pièces d’orchestre, et je dois écrire une dernière œuvre pour ce projet qui sortira l’an prochain. Par ailleurs, je suis en train de développer une écriture pour le quatuor (saxophone, piano, contrebasse, batterie) qui a gagné le GPLC, avec In Pulse. Nous allons faire des concerts en mars 2022 et cette formation est idéale pour le travail de composition/improvisation : en développant une basse rock ou jazz rock, mêlant éléments contemporains et ouvrant sur des plages d’improvisation.  C’est donc une vie bien riche et bien remplie, et c’est exactement ce que je cherchais ! Je trouve le trajet de compositeur passionnant : c’est quelque chose qui n’est jamais définitif. Je sais où je veux aller, quelle direction donner, ça me prend du temps et chaque pièce est une nouvelle partie de moi que je découvre.