Comte-rendu de l’audience au ministère

Anne-Claire Scebalt

Chers collègues,

 

Je vous invite à trouver ci-joint le compte-rendu de l'audience d'hier au ministère au sujet des chorales ainsi que les résultats de l'enquête menée du 13 au 18 mars et qui a récolté 816 réponses. 

 

Il semblerait que, pour la chorale, les textes aillent vers 1h dans le service + 1h d'IMP. Néanmoins, nous avons insisté sur le fait que l'IMP n'est pas adapté pour rémunérer la chorale : l'effectif conséquent des chorales et le fait cette deuxième heure s'effectue souvent devant élèves (répétitions supplémentaires) justifie selon nous que la 2° heure soit une heure supplémentaire et non une indemnité. 

 

Afin d'affiner la première enquête et d'appuyer nos propos, nous avons ajouté quelques questions à cette adresse et nous nous permettons de vous solliciter à nouveau pour y répondre. 

 

https://docs.google.com/a/apemu.fr/forms/d/10ShU4n9C_S-BBdylzvGL7yE-GY_u3NeQfvHh-8XqBUI/viewform

 

 

Nous restons à votre disposition,

Bien cordialement,

Anne-CLaire 

 

 

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COMPTE RENDU D’AUDIENCE AU MINISTERE

20 mars 2015

[En annexe, le bilan de la première enquête]

     Anne-Claire Scébalt et Fernando Segui ont été reçus le 20 mars 2015 par Mme Agathe Cagé, conseillère du cabinet de Mme la Ministre de l’Education Nationale.

     L’objet de la rencontre faisait suite au courrier envoyé au ministère sur le sujet des chorales. Compte-tenu de l’actualité liée à la réforme du collège, nous avons souhaité également évoquer la question des enseignements obligatoires.

      Après avoir rappelé les textes en vigueur qui marquent le réel intérêt du Ministère pour les pratiques musicales collectives, nous ne pouvons que mesurer l’écart entre la volonté et les pratiques. En effet, si la pratique chorale est promue, la reconnaissance de cette dernière en terme d’heures affectées à chaque enseignant n’est pas à la hauteur. Si la circulaire de 2001 rappelait que « l’heure de chorale doit être rétribué pour 2 heures », le texte application des décrets 2014-940 et 2014-941 du 20 août 2014 mentionne « les heures d’éducation musicale consacrées à la chorale sont intégrées dans le service d’enseignement des enseignants qui en assurent l’animation. Chaque heure de chorale est ainsi décomptée pour sa durée effective. »

     Or force est de constater que le travail spécifique de la chorale ne peut se réduire à la seule heure hebdomadaire et que la seconde heure que nous revendiquons permet de reconnaitre tous les autres temps de travail avec les élèves : répétitions supplémentaires, week-end de travail, concerts en plus des préparations de projets reconstruits tous les ans, liens avec les salles de spectacles, artistes etc.

     Par ailleurs, le caractère fédérateur de la chorale, créateur de liens entre les élèves créent le sentiment d’appartenance à un groupe unis pour le même but et ainsi renforce la citoyenneté, la coopération, l’entraide qui doivent être portées par l’école.

     Dans la réponse à cette inquiétude, le Ministère rappelle son attachement aux pratiques collectives, en particulier à la chorale et adhère à l’importance sociale jouée par ces dernières constituant le liant des établissements scolaires. Il s’agit ici de réelle volonté politique de promouvoir ces pratiques.

     Sur la question des heures un texte est en préparation visant à prendre en compte toutes les situations particulières pour ainsi éviter toute discrimination. Le texte irait sur une heure d’enseignement dans le temps de service des enseignants et une heure d’I.M.P. pour tous les enseignants d’éducation musicale.

     Pour autant nous faisons remarquer que ces I.M.P. visent à rémunérer essentiellement des tâches effectuées en dehors de la présence d’élèves alors que les heures de chorales visent à prendre en compte le travail effectué majoritairement face aux élèves. L’effectif dépasse très souvent (et de loin) celui d’une classe.

     Aussi, la définition de ces heures devrait être précisée pour que ce cadre de rémunération soit applicable partout. Madame la Conseillère explique que les IMP seront un cadre unique mais qui rémunérera diverses missions. Nous rappelons à nouveau la spécificité de la chorale, qui ne saurait être une mission.

 

    Les textes en cours d’élaboration sur la réforme du collège mettent en évidence des points à préciser. En effet, il est fait mention (fiche 3 Collège – Mieux apprendre pour mieux réussir) d’enseignements artistiques ayant 2h par niveaux.

Les horaires disciplinaires seront préservés.

     Nous rappelons notre attachement à l’intitulé éducation musicale qui pour le moment ne figure pas mais se trouve compris dans « enseignements artistiques ». Le texte, encore en discussions, reprécisera la répartition en 1h d’éducation musicale et 1h d’arts plastique pour dissiper les malentendus. Pour autant, ce cadre globalisé pourra permettre des organisations différentes en fonction des contextes mais qui pourront permettre d’assurer la continuité des enseignements sur les 4 niveaux du collège.

   Le Ministère et plus particulièrement Mme La Ministre est très sensible aux évolutions de la disciplines qui montrent une capacité à proposer des enseignements de qualité et mettant en œuvre des actions visant à développer l’approche par compétence, une réflexion sur l’évaluation et s’appuyant sur caractère transversale de la discipline.

     Cette dernière entrée permettra à l’éducation musicale d’entrer pleinement dans les 8 thèmes de travail des enseignements pratiques interdisciplinaires et à l’accompagnement personnalisé. (Culture et création artistique ; sciences et société ; développement durable ; monde économique et professionnel ; corps santé et sécurité ; information, communication, citoyenneté ; langues et cultures de l’Antiquité ; langues et cultures régionales et étrangères.

     A plusieurs reprises il a été souligné que la volonté de Mme La Ministre était de promouvoir les disciplines d’enseignements artistiques dont l’éducation musicale qui ont déjà fait la preuve de sa capacité à relever les défis des évolutions de l’école en apportant des réponses adaptées et innovantes.

 

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Enquête passée du 13 au18 mars 2015.
816 réponses.

Les points forts :

1) 10% des collègues annoncent qu’il n’y aura as de chorale dans leur établissement. 50 % pour des problèmes de rémunération, 20% parce qu’ils ont déjà trop d’heures supplémentaires, 20% pour des problèmes d'organisation dans leur établissement.

2) Plus d’un quart des enseignants se sont vus proposer par leur chef d’établissement des IMP pour rémunérer la chorale.

3) En 2012, 62% des chorales étaient rémunérées 2 heures ou plus. Ce chiffre tombe aujourd’hui à 44%.

4) 6% des chorales ont une rémunération prévue exclusivement en IMP.

5) 2/3 des chorales s'imposeront en plus du service des enseignants.