Enquête sur le BYOD

Article collectif

BYOD, vous dites ?

BYOD ? BYOT ? PAP ? ATAC ? AVAN ? AVEC ? Anglophones ou francophones, ces sigles désignent l’utilisation d’appareils numériques personnels des élèves dans un cadre scolaire ou professionnel

En tant que professeur d’éducation musicale, il vous est sans doute arrivé de vouloir enregistrer un projet musical de vos élèves, mais d’avoir oublié votre matériel numérique, ou bien d’avoir un souci de batterie ou de carte mémoire sur celui-ci ! La solution de secours est peut être venue d’un élève : "on peut enregistrer avec mon téléphone, si vous voulez ?"

C’est en discutant avec quelques collègues sur la prise de liberté quant à l’autorisation ponctuelle des appareils mobiles des élèves dans un cadre pédagogique, en classe, que nous en sommes venus à discuter de BYOD / AVEC en éducation musicale et dans toutes les disciplines en général.

Comment et pour quelles raisons les professeurs intègrent dans leur démarche pédagogique l’utilisation des appareils numériques des élèves ?

Nous avons voulu en savoir davantage. C’est pourquoi nous avons lancé en mars dernier une enquête en ligne sur le BYOD (Bring Your Own Device) ou AVEC (Apportez Votre Equipement de Communication). L’enquête a été diffusée de différentes manières, sans restriction de discipline, en ciblant les enseignants qui utilisent le BYOD en classe :

- Sur twitter
- Aux adhérents de l’APÉMu
- Sur plusieurs listes de diffusion disciplinaires d'éducation musicale
 

De fait, ce mode de diffusion oriente considérablement le panel représenté, nous en sommes conscients.

Au terme de l’enquête, sur 102 réponses obtenues, 63 ont été exploitées :

- nous avons écarté certaines réponses qui ne rentraient pas dans la cible de l’enquête : les enseignants qui utilisent leur matériel personnel mais pas celui des élèves, les enseignants n’utilisant pas de matériel personnel mais qui souhaitaient faire connaître leur opposition au principe du BYOD.

- nous avons également choisi de restreindre le panel aux enseignants d’éducation musicale :les autres disciplines étaient trop peu représentées, et nous avons choisi de nous concentrer sur les besoins spécifiques liés à notre discipline.

Cette enquête semble être la première, y compris depuis le viseur de l’Éducation nationale. Elle n’engage cependant que l’APÉMu. Nos outils d’observation sont en construction. Nos conclusions seront donc à relativiser et seront appelées à évoluer.

Ce travail n’est en rien un travail de recherche mais un premier constat amenant à des questionnements.

Les résultats sont présentés selon 4 axes :
- Le panel
- La question du cadre légal
- Les utilisations pédagogiques
- Quel avenir pour le BYOD ?

Les données des graphiques sont exprimées en pourcentage des réponses obtenues (63).

 

1 – Le panel

Sur les 63 professeurs ayant répondu, une grande majorité travaille en collège, parfois avec une partie du service en lycée. Peu d’enseignants exercent uniquement en lycée.

Le lycée est néanmoins très bien représenté. Sans doute la mise en œuvre est-elle plus aisée en raison de l’âge des élèves et de règlements plus souples, comme nous pourrons le voir par la suite. 

Comment les enseignants ont-ils entendu parler du BYOD ?

 Un tiers de ces enseignants a découvert ce dispositif lors de formations. D’autres l’ont découvert via internet ou les réseaux sociaux.

- L’importance de Twitter dans ces réponses est en partie due au mode de diffusion de l’enquête. L’utilisation du réseau social pour sa diffusion a ciblé en priorité des enseignants qui ont l’habitude de se former sur celui-ci.

- Un tiers des enseignants a découvert le dispositif en formation. Nous pouvons formuler plusieurs hypothèses :

            * la réforme du collège a été l’occasion de faire découvrir une plus grande variété des pratiques pédagogiques possibles.

            * même si le cadre légal du BYOD est encore méconnu, l’idée transparait dans nombre de formations numériques. Avec le développement d’utilisation des outils, des problèmes liés au nombre apparaissent. Comme nous allons le voir, la solution du BYOD est alors évoquée, y compris par l’institution.

Depuis quand les enseignants interrogés utilisent le BYOD ?

Si les pionniers se sont lancés il y a plus de cinq ans, plus de la moitié des enseignants d’éducation musicale ayant répondu à l’enquête pratiquent le BYOD/AVEC depuis plus de deux ans, sans doute bien avant sa mise en lumière dans les médias, les réseaux sociaux ou l’institution. 

L’enquête montre également que de plus en plus de professeurs s’intéressent au BYOD et le pratiquent, puisque la moitié des participants au questionnaire disent s’être lancés l’an dernier ou il y a moins d’un an. 

Il faut également mettre ceci en lien avec plusieurs points :
- Les progrès technologiques : on considère l'année 2010 comme début d'existence des premiers appareils « utilisables » facilement et avec une technologie assez avancée ;
- Le taux d’équipement des adolescents en smartphones augmente - les forfaits d’abonnement incluent de plus en plus l’accès à internet.  

Certaines collectivités se dirigent néanmoins vers une transformation leur dotation en un élargissement des possibilités du BYOD, avec une aide à l’achat du matériel personnel. 

Pour quelles raisons en arriver au BYOD ?

 

Le manque ou la déficience du matériel numérique à disposition dans les établissements scolaires semble être le déclencheur principal pour plus de la moitié des collègues. 

Cela soulève une série de questions : 

- Quels sont les moyens matériels et financiers mis en œuvre, aux niveaux national, régional ou départemental pour permettre aux enseignants d’accomplir leurs missions auprès des élèves ?

- De quels matériels numériques sont équipés les établissements en 2017, et comment ces équipements sont distribués et répartis ? L’établissement informe et forme-t-il suffisamment ses enseignants sur l’utilisation des nouveaux matériels ? De quel matériel numérique le professeur d’éducation musicale dispose-t-il pour se l’approprier en amont et ainsi l’intégrer facilement à sa pédagogie ? Il sera intéressant d’attendre les résultats de la grande enquête de l’APÉMu, initiée en 2012 et reconduite en cette fin d’année scolaire, sur l’équipement des salles d’éducation musicale.

Il ne faut pas oublier l’importante hétérogénéité d’équipement par les collectivités territoriales (départements et régions).


Si la première raison de l’utilisation du BYOD est liée aux problèmes matériels des établissements, un tiers des enseignants voient dans cette pratique une plus grande flexibilité d’utilisation.

Tout-en-un, la tablette ou l’ordiphone (smartphone) peuvent se présenter comme un véritable couteau suisse : c’est un outil complexe permettant un gain de temps, une mobilité et des actions qui n’étaient pas possibles avant. Les accès aux applications ou aux données sont simples et de plus en plus standardisées, les données peuvent être traitées sans passer par une clé USB …

Le BYOD répond probablement à un besoin de flexibilité et de rapidité d’action, ce qui est recherché en éducation musicale étant donné le peu de temps par semaine dont les enseignants disposent par semaine devant chaque classe. En une heure, un déplacement exclut par exemple l’utilisation du matériel musical.

 

Une autre disparité territoriale concerne la limitation des accès à certains sites (par les conseils départementaux ou généraux, les rectorats, les chefs d’établissements …). 12% des collègues voient dans le BYOD la possibilité d’une utilisation d’internet répondant aux critères de leur responsabilité pédagogique, imposant un accès internet par des forfaits personnels.

Cet élément peut refléter le jeu entre le cadre légal de l’application et la mise en œuvre concrète qui se passe au niveau de l’établissement puis du département.
- Lorsqu’il y a frein, est-ce par crainte des abus des élèves et/des enseignants et donc d’une perte de contrôle ?
- Ce qui signifierait que la confiance vis-vis des professionnels de l’éducation que nous sommes est remise en question ?

- De qui doit relever la limitation des accès internet (hors sites non adaptés de fait aux mineurs) ?
- Quelle est la pertinence de ces blocages pour des utilisations qui se veulent éducatives ?
- Peut-on mettre en situation d’apprentissage (EMI – éducation aux médias et à l’information) en se posant hors de la réalité du web ? N’est-ce pas au contraire l’occasion d’une éducation ?

 

2 – La question de la légalité ?

Que dit la loi ?

Article L511-5

LOI n° 2010-788 du 12 juillet 2010 - art. 183 (V)

Dans les écoles maternelles, les écoles élémentaires et les collèges, l'utilisation durant toute activité d'enseignement et dans les lieux prévus par le règlement intérieur, par un élève, d'un téléphone mobile est interdite.

 

     

L’article 34 du code de l’éducation permettant les dispositifs expérimentaux (2005)

Art. L. 401-1. – Dans chaque école et établissement d'enseignement scolaire public, un projet d'école ou d'établissement est élaboré avec les représentants de la communauté éducative. Le projet est adopté, pour une durée comprise entre trois et cinq ans, par le conseil d'école ou le conseil d'administration, sur proposition de l'équipe pédagogique de l'école ou du conseil pédagogique de l'établissement pour ce qui concerne sa partie pédagogique. Le projet d'école ou d'établissement définit les modalités particulières de mise en œuvre des objectifs et des programmes nationaux et précise les activités scolaires et périscolaires qui y concourent. Il précise les voies et moyens qui sont mis en œuvre pour assurer la réussite de tous les élèves et pour associer les parents à cette fin. Il détermine également les modalités d'évaluation des résultats atteints. Sous réserve de l'autorisation préalable des autorités académiques, le projet d'école ou d'établissement peut prévoir la réalisation d'expérimentations, pour une durée maximum de cinq ans, portant sur l'enseignement des disciplines, l'interdisciplinarité, l'organisation pédagogique de la classe, de l'école ou de l'établissement, la coopération avec les partenaires du système éducatif, les échanges ou le jumelage avec des établissements étrangers d'enseignement scolaire. Ces expérimentations font l'objet d'une évaluation annuelle. Le Haut Conseil de l'éducation établit chaque année un bilan des expérimentations menées en application du présent article. 

La loi encadre strictement l’utilisation des téléphones portables des élèves, avec une différence entre le collège et le lycée.

- Dans les lycées, ceux-ci ne sont pas interdits par la loi. Il faut se conformer au règlement intérieur de l’établissement (obtenir l’aval du CA). De fait leur utilisation en classe est donc plus simple. 

- En collège, leur utilisation est strictement encadrée, et est exclue des activités d’enseignement. L’article de 2005 permet des dérogations sous conditions :
            * validation en CA du projet d’établissement qui en fait mention
            * autorisation préalable des autorités académiques 

Qui sont les « autorités académiques » ? Les DASEN ? Les CARDIE* sous autorité du DASEN ?

Le texte n’est pas précis et un rapport de 2013 montre que les situations académiques diffèrent (http://cache.media.education.gouv.fr/file/2013/92/3/2013-057-Le-recours-a-l-experimentation-par-les-etablissements_277923.pdf)

*CARDIE : coordination/ centre académique recherche-développement, innovation-expérimentation est un service du rectorat qui a pour vocation d’impulser et d’accompagner le projet d’innovation dans l’académie.

Comment avez-vous mis en place le BYOD ? Par quelles démarches ?

Nous constatons que 57,14% des enseignants n’ont rien demandé à personne et que 36,51% ont reçu un accord oral de leur hiérarchie.

Ce chiffre reste identique selon que les professeurs enseignent en collège et en lycée.
L’ancienneté dans le BYOD ne semble pas non plus un critère de différenciation. 

Ces résultats soulèvent plusieurs interrogations :

- Les collègues sont-ils suffisamment informés concernant ces textes ?
Qui doit informer les enseignants ? Les chefs d’établissements, les DNE, les CARDIE ?
Peu de documents sont disponibles dans les ressources institutionnelles.

Pour autant, cette idée fait son chemin dans les formations, dans les réflexions pédagogiques. Mais pour le moment l’accompagnement institutionnel et administratif semble insuffisant.

- La validation en CA (du règlement intérieur ou du projet d’établissement) semble un préalable indispensable dans les textes, mais cette procédure n’est sans doute pas encore intégrée par une majorité d’enseignants.

- Les innovations et expérimentations sont difficilement soumises à un calendrier annuel mais usent de temps de réaction courts. Comment alors intégrer ces limitations administratives au quotidien ?

Ne faudrait-il pas donner aux enseignants innovants la possibilité de réelles expérimentations, dès qu’un besoin apparaît et qu'une solution nouvelle est trouvée ? Comment faire fonctionner en parallèle un temps court (celui de l’innovation) avec un temps long (celui des autorisations administratives) ?

N’allons-nous pas ici à l’encontre de la recherche de flexibilité et de rapidité d’action attendue avec le BYOD ?

 

La question des chartes
C’est une préconisation institutionnelle récurrente avec le développement des environnements numériques.
Elle est sans doute un moyen utile d’impliquer l’ensemble des acteurs de l’école : les élèves et leurs parents, les enseignants, les directions.
On peut également penser qu’elle peut être l’occasion d’un travail approfondi en EMI et qu’elle devrait faire l’objet d’une co-écriture entre tous les acteurs concernés.

 

3 – Les différents usages du BYOD

Quelles utilisations ?

 

 Les utilisations du BYOD sont en lien direct avec les activités menées en cours d’éducation musicale, et rejoignent les objectifs annoncés par les enseignants :
- Gain de temps et de souplesse : accès à internet, recherche rapide d’une information, etc.  …
- Applications spécifiques : l’utilisation des applications musicales permettent d’expérimenter facilement une notion, de créer simplement …
- Contrairement à d’autres disciplines, nous ne sommes pas concernés par la question des manuels numériques. Néanmoins, la question de l’audio dans les documents hors ligne (par exemple dans un livre numérique fabriqué par le professeur) reste encore souvent délicate. 

Importance des prises de vidéos / importance moindre de l’enregistrement audio : on peux en déduire que le BYOD ne vient pas remplacer les dispositifs déjà présents dans les classes (en particulier les dispositifs d’enregistrement audio), mais apportent bien une dimension nouvelle dont la mise en place n’est pas encore généralisée par l’institution (captures vidéos). Ces enregistrements vidéos servent aussi à la construction de supports par les élèves, pratique qui n’est pas encore suffisamment développée pour une mise en oeuvre généralisée. 

Le BYOD est alors apparu comme une évidence pour les professeurs interrogés : l’outil est disponible immédiatement, facilement, et les transferts de fichiers sont maintenant possibles même en l’absence de connexion internet.

Des questions et quelques propositions de réponses :
- Comment se sont formés les enseignants à ces techniques ? Nul doute que la formation par les pairs a joué un rôle important.
- Où trouver des ressources ? Les sites disciplinaires académiques ou des DANE ne regorgent pas de ressources encore. Frilosité ? Crainte d’un cadre légal mal connu ?
- Les ressources semblent à ce jour encore diffusées essentiellement par les professeurs eux-mêmes sur des blogs privés à l’intention de leurs collègues.
- Avec le développement du BYOD s’accentue la question du stockage des données et de leur utilisation. Si Eduscol propose des documents relatifs au droit à l’image et au son, les informations relatives aux données personnelles restent encore confidentielles. Il en est de même pour les questions de stockage de documents (cloud). Les ENT ne sont pas présents partout et le ministère devra sans doute se positionner et proposer des solutions.

L’accès à internet

Préambule :
- Les accès à internet dans les établissements via les réseaux sont dans une grande majorité des cas strictement réservées aux appareils « institutionnels », et voire techniquement impossible aux autres.
- L’accès internet focalise souvent des craintes : il cristallise pour l’institution, les professeurs, les parents, les élèves, la crainte de l’interdit, de l’illégal, voire du danger. 

Des enseignants ont ainsi fait le choix de n’utiliser les téléphones qu’en mode « avion ». Il est alors limité aux enregistrements et à l’utilisation de certaines applications. Il rend difficile les partages de documents et rend impossible l’accès à internet. 11% ont fait ce choix exclusif, 25% de manière ponctuelle, selon les besoins.

L’enseignant se considère probablement plus en sécurité, contrôlant davantage les activités des élèves et évitant certains « dérapages » (la serendipité, l’accès aux réseaux sociaux, doivent-ils être considérés comme des « dérapages » ?).

Le réseau personnel est celui du professeur qui fonctionne alors en « partage de connexion ». Les forfaits internet proposent maintenant un accès quasi illimité au web. Le partage de connexion a été vu comme une solution simple et souvent efficace (peu de pannes mais un accès inégal selon le territoire).
Le réseau des élèves est utilisé dans 30% des cas.
Ce chiffre est un peu plus élevé chez les enseignants en lycée (33%) qu’en collège (25%). 

Comme cela a été évoqué plus haut, il n’est pas étonnant que le wifi des établissements soit peu utilisé, en particulier si le BYOD n’est pas mené dans un cadre expérimental strict et ouvrant dans ce cas les possibilités de connexion.

 

4 – Quel avenir ?

La question de l’avenir du BYOD reprend en grande partie les points évoqués précédemment : 
- les dotations matérielles 
- leur accessibilité immédiate
- la souplesse de leur utilisation. 60% des enseignants abandonneront le BYOD si les possibilités d’utilisation des outils numériques dans leur établissement correspondent à leurs besoins. 

Des résistances ?

A l’instar du discours médiatique dominant, la mise en place du BYOD s’est déroulée sans embûche pour les enseignants interrogés.

Seuls 14% des collègues ont rencontré des résistances, essentiellement de la part du chef d’établissement (craintes ?) ou des collègues (vision erronée du BYOD ? craintes d’une perte de contrôle et d’une ouverture inutile sur le monde ?)

Les parents ont semblé faciles à convaincre : peut-on imaginer qu’ils voient aussi dans le BYOD une éducation à l’utilisation des appareils mobiles qu’ils peuvent ainsi faire reposer sur l’école ? 

Il faut tout de même prendre en compte ces chiffres avec prudence. Nous ignorons comment les sondés ont communiqué autour d’eux sur leurs pratiques.

Les parents et le chef d’établissement semblent être des acteurs incontournables. Laisser la possibilité également aux parents –propriétaires de l’appareil- de refuser également, en particulier en collège (à moins d’une expérimentation validée par la Cardie dans laquelle les questions d’assurance et de financement sont évoquées). 

Les avantages du BYOD

- la souplesse d’utilisation
- l’accessibilité immédiate …
- le gain de temps et la rapidité de passage d’une activité à une autre
- une simplification des questions de maintenance (ou bien au contraire une difficulté liée à la pluralité des machines ...)
- les élèves ont déjà passé l’étape de la prise en main du matériel, et en même temps cela leur permet de recevoir une éducation à leur utilisation

Des difficultés à sa mise en place ?

Si 85% des personnes interrogées déclarent avoir rencontré pas ou peu de difficultés, 25% font néanmoins état de certaines :
- hétérogénéité du parc : possibilités techniques, procédures, dépannages différents selon chaque élève.
Les Conseils Départementaux ou Généraux qui s’orientent vers le BYOD envisagent une limitation à quelques modèles, comme pour la question des calculatrices scientifiques.
- installation des applications (selon les modèles, les "stores", la mémoire disponible …)
- le format des documents transmis

Si les difficultés sont plutôt peu présentes, pourquoi les enseignants ne se lancent-ils pas davantage ?

- par la non-connaissance ou la méconnaissance ?
- par peur de l’inconnu et de ne pas « savoir faire face » ?
- par manque de formation ?
- par l'absence de préconisation du corps d’inspection ?
- par la présence de risques réels ? 

Y a-t-il des risques à l’utilisation du BYOD ?

L’enquête n’aborde pas directement cette question, mais elle plane au-dessus de notre tête quoi qu’on en pense.
Un accès illimité au web sans aucun système de filtrage ne peut pas garantir effectivement un accès à des pages au contenu inadapté ou bien un pishing de données. 

Faut-il pour autant accepter de ne travailler que dans un univers au risque zéro (pour peu qu’il existe) ?
Faut-il éduquer les enfants au monde numérique sans prendre en compte dans cette éducation la question des risques ?
Les risques sont-ils différents dans l’établissement et dans la famille ? Si les familles installent des contrôles parentaux chez eux, ne peuvent-ils pas le faire également sur le téléphone de leurs enfants ? 

Quels conseils ?

L’APÉMu ne peut bien sûr pas ignorer les préconisations institutionnelles, mais celles-ci sont largement insuffisantes, peu développées, peu accessibles, et laissent penser que l'institution n’est pas prête ni convaincue par l’utilisation du BYOD.

L’APÉMu s’engage donc dans un dispositif d’accompagnement des collègues. Des personnes ressources du groupe #EdMusConnect sont à votre disposition pour répondre à vos questions et pour vous proposer des solutions qui répondent à vos besoins. N’hésitez pas à nous contacter !

 

En conclusion

Une partie non négligeable des collègues souhaitent continuer cette pratique. Derrière cette volonté, se pose la question du rôle de l’enseignant et de rôle de l’école dans l’accompagnement des élèves dans l’usage des smartphones.

Est-ce qu’on laisse l’éducation des élèves aux environnements numériques entre les mains des réseaux sociaux ? Est-ce qu’on interdit ? Ou est-ce qu’on accompagne les élèves dans leur usage d’internet et du téléphone, en les sensibilisant sur la protection des données, sur le droit à l’image, en leur montrant d’autres usages qu’instagram et snapchat, etc. ?

Les enseignants doivent être mieux formés, davantage épaulés pour être en mesure d'accompagner les élèves…

Quoi qu'il en soit, Le BYOD reste un outil complexe, dont les avantages en faveur de l’apprentissage des élèves semblent réels, mais qui comme n'importe quel outil ne conditionnera pas la qualité d’un cours. L’institution devra par ailleurs s’investir dans ce dossier pour éviter une accélération de la fracture numérique entre les enseignants.

 

 

Sandrine Edelga, Isabelle Bougault, Mathilde Auger, Anne-Claire Scébalt, Rémi Massé