Audience du 14 mars - CR

Anne-Claire Scébalt

Audience avec Matthieu Protin, conseiller en charge de l’éducation artistique et culturelle.

 

En m’appuyant sur deux enquêtes[1], j’ai exposé les différents points suivants :

Rappel du contexte autour de la circulaire du 13 décembre 2016 :

Cette circulaire promeut le chant choral et ses vertus éducatives, elle entend élargir les missions de cet enseignement (participation au DNB, missions dans le cadre du PEAC, inscription de la chorale dans un cadre plus large (partenariat avec des structures culturelles, liaisons inter-degré). Cette circulaire reconnait les spécificités de la chorale mais dans le même temps abroge le seul cadre qui prévoyait la prise en compte de cette spécificité (circulaire de 2011). L’abrogation de cette circulaire nous inquiète et créé une forte incohérence entre le discours et les faits. 

 

1. La 1ère heure

Maintenir et avoir une heure pour la chorale est difficile et beaucoup d’enseignants doivent multiplier les démarches pour y arriver. Les négociations et discussions avec le chef d’établissement, les tensions au sein des conseils pédagogiques, la mise en concurrence illégitime avec d’autres enseignements ou des groupes dans certaines disciplines. L’attribution de cette heure génère des tensions et des difficultés.

Sur la rémunération : les chiffres montrent qu’il reste encore 10% des établissement hors cadre réglementaire (la chorale est financée en HSE, IMP ou accompagnement éducatif). Lors de la précédente audience, il nous avait été dit que ces chiffres allaient évoluer dans un sens positif, le temps que chaque établissement trouve des solutions pour appliquer le cadre légal. On constate que les chiffres n’ont pas évolué (exactement les mêmes résultats). De plus, l’obtention de cette heure statutaire nécessite souvent de longues discussions et pose la question des modes d’attribution des heures. Les personnels de direction renvoient vers les DASEN ou les Recteurs qui invoquent l’autonomie de l’établissement.

L’attribution de ces moyens génère des inégalités entre les régions, entre les départements alors même que le projet d’une école républicaine et d’une éducation artistique pour tous devrait présider à ces choix.

 

2. Spécificités et rémunération

Rappels de quelques spécificités de l’enseignement de la chorale :

-         Effectifs qui dépassent une classe

-          Répétitions supplémentaires (il est difficile voire impossible de monter un concert ou un spectacle avec 50 min par semaine)

-         les coordinations, partenariats avec différentes structures culturelles, liaisons inter-degrés qui impliquent des heures de concertations, de rencontres.

Avec une seule heure par semaine ces missions deviennent impossibles. Que faire ? Doit-on renoncer à l’ambition artistique et pédagogique inhérente à la chorale et s’adapter au cadre de rémunération prévu ?

 

3. IMP :

L’attribution de l’IMP est très rare. Comme pour l’heure de chorale, elle est souvent le fruit de discussions et de négociations. Pourtant, lors de l’audience avec Agathe Cagé, l’IMP avait vocation à remplacer la 2e chorale. Les chiffres montrent que l’IMP est très rarement attribuée à la chorale et on perçoit une diminution entre l’an passé et cette année.

 

La chorale a un rôle déterminant à jouer dans l’éducation artistique de l’élève. Son existence et sa rémunération ne peuvent être laissées à la subjectivité des membres des conseils pédagogiques. Un cadre favorable et protecteur doit permettre à la chorale d’assumer pleinement ses missions au sein du nouveau collège.

  

 

Réponse de M. Protin

La ministre témoigne un réel attachement aux chorales scolaires. L’esprit de la circulaire de 2016 n’est pas d’alourdir la charge de travail mais bien d’offrir aux enseignants un levier pour valoriser leur chorale. Ce texte a vocation à appuyer leurs demandes auprès des personnels de direction et du conseil pédagogique. Dans le cadre de l’autonomie des établissements, il est important que chaque enseignant sache s’emparer de ces textes.

 

1. Sur la 1ère heure :

L’éducation artistique et culturelle ne saurait s’inscrire dans un parcours unique, c’est contraire à la philosophie du PEAC. Ce parcours doit être pensé en fonction des ressources de l’établissement, des projets, des opportunités locales. Ainsi, convient-il de conserver l’autonomie de l’établissement sur ce domaine. Elle garantit un parcours adapté et pertinent. Dès lors, il ne serait pas judicieux de flécher les heures dans la DHG en dehors des enseignements obligatoires.

 

2. Sur la rémunération prenant en compte la spécificité de la chorale :

Dans le calendrier que l’on connaît il sera difficile d’apporter une réponse dans un cadre législatif à ces questions. En dehors de ce cadre, il est possible de travailler avec l’administration sur un texte qui pourrait répondre aux difficultés rencontrées pour les chorales. Un retour à la circulaire de 2011 est difficilement envisageable car le texte n’est pas cohérent avec la réforme du statut et de la mission des enseignants.

 L’IMP fléchée pour la chorale est une solution qui peut être étudiée mais qui doit être encadrée.

 

3. Sur le printemps des chœurs :

Le ministère a entendu la remarque de l’APEMu sur le principe de l’organisation d’un concours et a proposé le printemps des chœurs qui s’inscrit dans une autre démarche. Cette opération coïncide notamment avec la semaine des arts. Le ministère a également été attentif à nos demandes pour le site eduscol et une solution a été trouvée. Ainsi, l’annonce du boycott du printemps des chœurs a-t-elle provoqué de l’étonnement car il semblait que le ministère avait répondu aux sollicitations de l’APEMu. L’opération printemps des chœurs est une marque de l’attachement de la Madame la Ministre aux chorales scolaires et participe d’une volonté de valoriser le travail des chorales.

 

4. Perspectives :

M. Protin souhaite demander des données et des chiffres plus précis et affinés par académie sur la rémunération des chorales. Si ces données venaient à confirmer les données fournies par l’APEMu, elles pourraient servir d’appui pour un travail avec l’administration sur la prise en compte de la rémunération de la chorale. M. Protin propose de travailler dès début avril avec l’administration sur les solutions qui pourraient être envisagées pour offrir un cadre pour les chorales. Ce travail se conduira avec le bureau des actions culturelles éducatives et sportives et pourrait ouvrir sur une réunion en avril réunissant des membres du ministère, de la DGESCO, et l’APEMu pour échanger sur les solutions envisageables.

 

 

 



[1] Sondage juin 2016 : 1041 participants, sondage février 2017 : 477.