Printemps des choeurs

Anne-Claire Scébalt

Madame la Ministre,

 

La note de service du 2 février 2017 parue au BO du 9 février lance le « printemps de l’école en chœur ». Cette opération entend valoriser le travail et le talent des élèves choristes comme celui de leur professeur chef de chœur et permettre également aux membres de la communauté éducative et au grand public d'apprécier la qualité et le dynamisme de l'action de l'École en ce domaine.

 

Or, la situation des chorales ne cesse de se dégrader. Sortie des heures fléchées de la DHG, la chorale est souvent remise en question dans son existence-même. Ainsi, les professeurs d’éducation musicale, avant même de valoriser la production de leur chorale, doivent multiplier les démarches auprès de leur hiérarchie pour pouvoir seulement obtenir une heure dédiée à la chorale. Si, comme le rappelle la circulaire du 13 décembre 2016, la chorale est amenée à jouer un rôle particulier dans le cadre de la loi de refondation, sa mise en concurrence dans la DHG avec d’autres choix d’établissement vient en contradiction avec le projet de la circulaire susnommée. 

 

L’abrogation de la circulaire de 2011 marque un réel recul dans la prise en considération du travail spécifique conduit à la chorale. Elle génère une véritable inquiétude et un profond désarroi chez les enseignants, dont 52% étaient rémunérés deux heures pour la chorale. L’IMP proposée en remplacement de cette deuxième heure reste souvent hypothétique (Seuls 10% des enseignants reçoivent une IMP à taux plein). Ainsi, le cadre actuel ne garantit pas aux enseignants une rémunération cohérente avec les missions énoncées dans les textes récents. L’organisation d’un (ou de plusieurs) concerts implique des rencontres avec les professionnels associés, des concertations notamment pour les chorales inter-degrés, des répétitions supplémentaires ainsi que la gestion d’un groupe qui dépasse l’effectif d’une classe.

 

Malgré des textes qui reconnaissent le travail et le rayonnement des chorales, cet enseignement est remis en cause dans son existence et dans la réalisation de ses projets. Ainsi, nous souhaitons vous informer que l’APÉMu a appelé ses adhérents et tous les professeurs d’éducation musicale à boycotter le printemps de l’Ecole en Chœur.

 

Cet appel est le reflet des difficultés rencontrées sur le terrain où de nombreux professeurs d’éducation musicale et chant choral n’ont pas d’heures dédiées au chant choral, et conduisent ainsi en partie bénévolement des projets ambitieux. Au delà des opérations ponctuelles, nous avons eu l’honneur d’attirer votre attention à plusieurs reprises sur l’engagement sans limite des professeurs d’éducation musicale. Convaincus des vertus éducatives de la chorale en terme d’apprentissages, d’acquisition de compétences individuelles, scolaires et citoyennes, et de son rôle unique au sein de l’école, les professeurs d’éducation musicale n’ont cessé de défendre cet enseignement en s’y impliquant avec enthousiasme et sans compter. Vous comprendrez que cette année, le cœur n’y est pas…

 

Conscients de l’attention que vous portez aux chorales scolaires, nous restons à votre disposition afin d’envisager ensemble des moyens concrets qui permettront d’atteindre les objectifs énoncés dans la circulaire du 13 décembre 2016 et dans le BO du 9 février 2017.

 

Dans l’attente de votre réponse, nous vous prions d’agréer, Madame la Ministre de l’Education Nationale, l’expression de nos sentiments respectueux et dévoués à une éducation artistique de qualité et au rayonnement de l'éducation musicale et du chant choral au sein de l'institution scolaire.